Confidences de maman : On attend des triplés, c’est le grand chamboulement  !

Confidences de maman : On attend des triplés, c’est le grand chamboulement !

Publié le 25/02/2022
Catégories : Bébé à l'hôpital , Etre parents de prématurés

Vous êtes en couple avec Noémie, quel a été votre parcours pour devenir parents ?
Nous sommes en couple depuis 8 ans au moment de l’accouchement. Nous avons fait trois inséminations, en Espagne, sans succès. Nous avons donc décidé de faire une Fiv ROPA (réception des ovocytes de la partenaire), avec le transfert de deux embryons. Ça a marché du premier coup !

Quelles ont été vos réactions quand vous avez appris qu'il y avait trois bébés ? 
La première réaction de ma femme c’est : je ne suis pas prête ! La mienne était : ça a marché, j’ai de vrais jumeaux ! Puis, quand même l’angoisse de se dire qu’on a que deux paires de bras pour trois bébés. Puis, malgré tout, nous étions confiantes, après tout c’est le destin qui a voulu ça. Trois inséminations qui n’ont pas marché pour au final attendre trois bébés.

La grossesse a-t-elle été difficile ?
Oui j'ai vécu une grossesse extrêmement difficile. Une grosse fatigue dès le début, quelques vomissements, j’ai perdu 5 kg dès le début de ma grossesse. J’avais énormément de palpitations au niveau du cœur. Les contractions sont arrivées très tôt, à partir de 20 semaines, c’est à ce moment-là que nous avons appris qu’un des jumeaux avait un problème d’alimentation au niveau du cordon. À partir de cet instant, j'ai été surveillée toutes les semaines par échographie pour s’assurer que le cœur ne s’arrête pas. Chez nous, l’hospitalisation est obligatoire à 25 semaines pour des triplés. Ce qui a été un soulagement, c’est à partir de ce moment-là que mon col a énormément bougé. J’ai dû recevoir pas loin de 11 cures de tractocile pour arrêter les contractions.

Comment prépare t'on l'arrivée de triplés dans sa famille ? 
C’est un peu un grand chamboulement, outre l’émotionnel, il faut penser à toute la “logistique” : vendre l’appartement, trouver une location, changer la voiture et se projeter dans notre future vie à cinq. Le plus dur a été de le faire suffisamment tôt, et de croire à 100% en cette grossesse car une fois arrivée à 6 mois de grossesse cela aurait été trop tard !

A quel terme avez-vous accouché ?
A 31+6 ! Le doppler ombilicale du jumeau (Gabin) a commencé à se dégrader, il fallait les faire sortir !

Comment se portent les garçons à ce moment-là ? 
Gabin a un gros retard de croissance, il pèse 1,250kg mais mise à part ça tout va bien !

Quels sont vos sentiments lorsque vous les voyez tous les 3 à quelques heures de l'accouchement ?
Je suis assez soulagée de ne plus souffrir, le ventre qui tire et les contractions permanentes devenaient très compliquées. Nous avons su la veille pour le lendemain que j’allais accoucher par césarienne, il fallait de la place pour accueillir trois bébés en néonat. Et jusqu’à quelques heures avant l'accouchement, je ne savais pas où est-ce que j’allais accoucher, si les bébés allaient pouvoir être dans le même hôpital que moi. C’est assez stressant  !

Combien de temps Justin, Gabin et Louis resteront-ils à l'hôpital ?
Les enfants sont restés un mois et demi hospitalisés, avec un parcours exemplaire, pas de problème particulier. Le plus difficile était le changement d’hôpital, nous avons changé 3 fois de service de néonatalogie. Se réadapter à chaque service, à chaque personnel et à leur façon de travailler. Avoir des enfants ultra-fragiles demande d’avoir un personnel formé pour parler aux parents. Et ça malheureusement c’est difficile.

- Photo Personnelle -

Avez-vous eu un post-partum difficile ?
La césarienne s’est super bien passé en elle-même , je crois que c’est le meilleur moment de ma grossesse .Par contre l'après a été extrêmement compliqué car étant alité quasiment depuis le début j’ai perdu tous mes muscles. Donc le plus dur pour moi a été de réussir à bouger et de me remuscler  avec des énormes douleurs de cicatrices. Les premiers jours, je me déplaçais dans ma chambre avachie sur la table roulante. Je ne pouvais absolument pas me déplier. Pour aller voir nos bébés en néonat,  je me déplaçais tout le temps en fauteuil roulant. Et la seule chose qu’on vous dit c’est : dans trois jours vous êtes dehors ! Et petit à petit j’arrive à me déplacer, mais comme une mamie ! J’ai mis bien un mois avant de me déplacer correctement.

Je n’ai pas fait de dépression post-partum, je suis bien contente, par contre la suite reste quand même compliquée. Le fait d’être séparée de ses enfants, de les voir dans des « boites », branchés, sondés… Le sentiment que j’ai eu c’est de ne pas les aimer tout de suite, car je ne les ai pas vu quand ils sont sortis de mon ventre. J’ai accouché à 14h, j’ai pu les voir à 21h30. Mon ressenti à ce moment-là c’est de me dire : on m’a attribué ces enfants là mais qui me dit vraiment que ce sont les miens ! Il faut apprendre à aimer ces petites choses si fragiles… Ce sont nos enfants mais on ne peut pas encore s’en occuper ! 

Quels sont vos sentiments quand vient l'heure du retour à la maison ?
Nous étions soulagées de rentrer à la maison, les dernières semaines nous gardions nos enfants toutes seules, nous faisions les biberons, les changes...donc on avait qu’une envie c’est de se retrouver chez nous. On ne supportait plus de rester enfermées dans cette chambre.

Allaitez-vous ?
Oui j’ai allaité le soir même ! J’ai eu ma première goutte de colostrum j’étais si fière, mais malheureusement je n’ai pas eu assez de lait pour pouvoir tous les allaiter. Je ne voulais pas me prendre la tête non plus, mais je trouve qu’on est quand même pas très bien accompagné…Tous les aliments qui peuvent augmenter la lactation…j’aurais voulu avoir plus de conseils.

Racontez-nous le quotidien à la maison avec trois bébés ?
Le quotidien avec des triplés, c’est être toujours dans le speed, ne pas avoir forcément de temps pour nous parce qu’un bébé prend du temps alors imaginez trois bébés !  C’est trois fois plus de temps…Ils ont beaucoup pleuré le premier mois à cause des coliques... ça a été très dur pour nous ! Noémie a repris le travail trois mois après la naissance des triplés. Elle a pu en profiter un peu et maintenant c’est moi qui prend le relais la journée pendant qu’elle travaille.

- Photo personnelle - 

Et ce premier Noël à cinq ?
Le marathon ! Passer d’une famille à une autre, se déplacer à cinq…C’est beaucoup plus compliqué qu’à deux !  Une voiture chargée à ras bord, mais dans l’ensemble tout s’est bien passé.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour 2022 ?
La santé ! Qu’il n’y ait pas de problème sur l’évolution des garçons et qu’ils ne soient pas trop malades.




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