Confidences de Maman : Chaque jour est un combat pour la vie !

Confidences de Maman : Chaque jour est un combat pour la vie !

Publié le 28/06/2021
Catégories : Bébé à l'hôpital , Etre parents de prématurés

Marjolaine à 28 ans quand elle tombe enceinte de son petit garçon.
Après deux fausses couches à répétition, elle attend avec beaucoup d’impatience ce cadeau du ciel. Le début de sa grossesse se passe plutôt bien, quelques nausées sont présentes, elles sont pour Marjolaine le signe que bébé fait son nid tout doucement. Elle profite de chaque instant et adore sentir les petits coups de bébé dans son ventre.

Les premiers signes

A partir de 5 mois et demi de grossesse, je commence à être moins sereine pour la suite, on m'annonce que mon bébé à un retard de croissance. Quelques semaines plus tard, je dois passer une amniocentèse pour en trouver l'origine. Je suis très inquiète...Je pleure beaucoup parce que j'ai peur que l'on m'annonce quelque chose d'affreux. Je suis impuissante, je ne peux rien faire à part attendre ces “foutus” résultats. Ils tombent une semaine plus tard !
La seule chose dont nous sommes au courant maintenant c'est que mon placenta ne joue pas son rôle correctement, le sang circule mal.  Suite à cela, en plus des rendez-vous à l’hopital, j’aurai un suivi hebdomadaire à mon domicile avec une sage femme. Mon quotidien devient rythmé par les monitoring et le contrôle de ma tension. 

A 32SA+4, j'ai commencé à ressentir des douleurs au dos assez fortes quand je respirais, j'avais également commencé à gonfler un peu et aussi des douleurs aux jambes insupportables s’installaient. Là j'avoue que j'avais vraiment hâte de finir les deux mois de grossesse au plus vite ! Mais je ne savais pas ce qu'il m'attendait !

Le diagnostic tombe

Un matin la sage femme prend ma tension : 18 !!
Elle me fait passer un test urinaire qui confirmera un très gros taux de protéinurie. Elle m'envoie au urgence immédiatement. On m'osculte et très vite on me parle de pré-éclampsie. Au début, je minimise un peu la chose, je me dis que je vais être encore plus suivie qu'avant, mais c'est la douche froide quand on me transfère d'urgence dans un hôpital de niveau 3. Je comprends finalement que je vais peut-être devoir y rester jusqu'à la fin de ma grossesse...
C’est tous les jours le même rythme d'examen, ça m'épuise moralement et physiquement. J'en peux plus d'entendre le bruit du monito et du tensiomètre plusieurs fois par jours, des prises de sang et analyse d’urine... Je ne pouvais plus voir l'hôpital, je me sentais vraiment mal, j'avais qu'une hâte c'était d'en sortir !

La pré-éclampsie progressait de jour en jour. Je gonflais et je n'éliminais plus d'eau, mon corps stockait tout et je commençais à avoir des oedèmes, je prenais 1kg par jour...

4 jours après le début de l'hospitalisation, le jour J !

Cinq médecins entrent dans ma chambre. L'un d'eux me demande si le futur papa peut se rendre à l'hôpital au plus vite. Un autre prend la parole et m'explique que pour ma santé et celle de mon bébé ils doivent programmer une césarienne dans l'heure qui suit. On me fait des injections de corticoïdes pour accélérer la maturité des poumons de mon bébé. Le papa est lui aussi tout déboussolé par cette nouvelle... Je m'effondre en larme, j'ai très peur car je suis à 33sa tout pile et mon bébé est tout petit... Va t-il vivre ? Va t-il respirer normalement ? Tellement de questions se bousculent dans ma tête à ce moment-là et en même temps je suis tellement excitée car je m'apprête à rencontrer l'amour de ma vie. 

Une fois installée en salle d'accouchement , on me fait une rachianesthésie et on m'ouvre le ventre. J'entends à peine mon bébé pleurer et on me le montre une petite seconde pour ensuite l'emmener au service de réanimation néonatale. Mon bébé faisait 1,420kg et 39 cm à la naissance.

De retour en salle de réveil, je fais une hémorragie et je perds 1,4l de sang. Je retourne au bloc pour qu'ils réouvrent afin d’arrêter l'hémorragie. À ce moment-là, je sais plus où je suis, c'est le trou noir. Je dois passer la nuit loin de mon bébé au service de soins intensifs. Je suis choquée de tout ce qu'il vient de se produire... Je ne pourrais pas dormir à côté de mon bébé ni même le voir ou le toucher... Je vais mettre plusieurs jours avant de réaliser tout ce qu'il met arrivé. Les médecins m'ont bien fait comprendre que j'ai fait une pré-éclampsie sévère et que nous avons eu de la chance de s’en sortir tous les deux. 

J'ai pu tenir mon bébé pour la première fois sur moi 4 jours après l'accouchement. Quand j'ai pu enfin me lever de ce lit que je ne supportais plus. Je ne vous expliquerais pas tout en détail cela serait très long, il faudrait en écrire des pages et des pages... 

Et puis tout se termine bien !

La période en néonatalogie n'a pas été facile à accepter aussi, c'est dur de rentrer à la maison sans son bébé. C'est dur d'entendre tous ces appareils autour de lui qui sonnent sans arrêt, d'avoir les yeux posés sans cesse sur le scope pour surveiller le rythme cardiaque de notre bébé, de le voir si fragile, si petit et si vulnérable, de voir cette sonde enfoncée dans une de ses narines pour l'alimenter…
Il est resté 42 jours en néonatalogie, on a vécu des moments tellement forts en émotions, des moments douloureux comme des moments de bonheurs : comme le premier body qu'on a pu lui mettre au bout d'un mois ou bien comme l'apprentissage à la tétine du biberon...
On a passé bien des étapes, chaque jour est un combat pour la vie, chaque jour est un défi. Au moindre gramme que pouvait prendre notre bébé nous étions heureux. J'ai ressenti énormément de culpabilité et j'en ressens encore aujourd'hui...nous sommes passés par toutes les émotions le papa et moi mais l'essentiel c'est que mon tout petit se soit battu comme un grand ! 

Pour conclure, j’aimerai dire aux parents qui vivent la prématurité :  vous êtes les seuls à savoir ce que l’on peut ressentir, personne ne peut comprendre ce que vous vivez. Nous avons entendu des mots, peut être pas méchants, mais qui font beaucoup de mal lorsqu’on les entends : "ça va tu peux en profiter deux mois de plus" ou bien " je sais ce que sait mon enfant est resté une heure en néonatalogie"... mais il faut le vivre pour  comprendre que c'est un VÉRITABLE COMBAT !  Il y a des phrases à ne pas dire quand on ne sait pas de quoi on parle, il faut l'avoir vécu pour se permettre de dire de telles choses ! 

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