Confidences de maman : J'ai accouché à seulement 26SA

Confidences de maman : J'ai accouché à seulement 26SA

Publié le 25/02/2021
Catégories : Bébé à l'hôpital , Bébé grandit , Etre parents de prématurés

Maman de deux adorables petites filles, Hélène est atteinte d’une maladie chronique qui a mis sa santé en danger pendant ses deux grossesses.  Deux grossesses qui ne sont pas arrivées à terme, elle se livre sur la prématurité.

Vous avez accouché de votre petite fille Clotilde en 2017 à 32SA, comment avez-vous géré ce premier parcours contre la prématurité ?
Étant malade chronique, assez tôt dans ma grossesse on m'a prévenu que l'on ferait sûrement une césarienne vers 37SA. Je n'étais pas plus inquiète que ça car la plupart des femmes accouchent dans leurs derniers mois.
À 31SA mon asthme (asthme sévère qui entraîne un handicap à 75%) a commencé à s'aggraver. Tout a été très vite, les médecins après concertation on décidé de m'hospitaliser et de pratiquer la césarienne dans les jours qui suivraient. Je suis rentrée à la maternité avec la valise de ma fille. Je ne savais même pas que l'on pouvait accoucher avant le 8ème mois, je ne savais pas que cela existait...Dans ma tête nous allions rester une dizaine de jours puis rentrer à la maison. La suite a donc était très dure psychologiquement, j'étais effondrée. 

Viens ensuite votre seconde grossesse, comment l'avez vous abordé ? Quels sentiments avez-vous ressenti durant cette période ?
Lorsque j'ai appris ma 2ème grossesse j'étais plutôt sereine, je me suis dit qu'il n'y avait aucune raison que ce soit plus dur que lors de la première grossesse. Accoucher une nouvelle fois à 32SA ne me faisait pas peur en soi, connaissant le parcours qui finalement a ce terme est assez "simple" sur le plan de la santé du bébé. J'espère même tenir jusqu'à 34/35 sa. 

Mon conjoint, lui, dès le début à présager un parcours très très compliqué, bien plus que pour Clotilde. 

Avez-vous eu un suivi médical particulier pour cette seconde grossesse ?
Dès l'annonce de la grossesse nous avons été dirigés en grossesse à haut risque. Vers 10SA mon état de santé s'est tout de suite dégradé, le suivi s'est intensifié. Entre la 16ème et la 17ème SA j'ai été hospitalisée en USIR (Unité de Soins Intensifs Respiratoire). J'étais en grande détresse respiratoire, j'ai manqué d'oxygène plus de 72h, j'apprendrai plus tard que mon bébé aussi. 

Pendant cette hospitalisation, au vu de mon état de santé, on m'a proposé l'IMG (Interruption Médicale de Grossesse). J'ai décidé de me battre et de refuser. À partir de ce jour, un tout un tas de choses ont été mises en place, une HAD (Hospitalisation A Domicile), un suivi sage femme 3 fois par semaine, une infirmière 2 fois par jour, gynécologue et pneumologue toutes les semaines, 1 journée par semaine à la maternité pour tout un tas d'examens, échographie, suivi psychologue...
Le pneumologue avait fixé une limite à 40%de mes capacités respiratoires, et j'aurais eu au total pas moins de 12 échographies. Je me suis BATTUE contre moi-même jusqu'à sentir que si je n'arrêtais pas j'allais mourir... 

J'ai donc accouché à seulement 26SA.

Qu'est ce qui vous a aidé à garder de l'espoir, de la force ?
Pendant toutes ces semaines difficiles, Clotilde m'a donné énormément de force pour me battre. Mon conjoint a toujours été d'un grand soutien, physique et moral. J'ai vraiment de la chance de l'avoir, c'est un papa et un mari formidable. Toute l'équipe médicale qui nous a suivi à été très à l'écoute et me faisait confiance sur le ressenti de ma maladie, ce qui m'a énormément aidé aussi. Aujourd'hui certaines personnes de l’ équipe médicale font partie de notre vie et je leur serai éternellement reconnaissante. 

Comment se sont passés vos accouchements ?
Mon premier accouchement a été affreux. Je n'étais pas du tout préparé psychologiquement, ce qui n'a rien aidé. J'ai hurlé avant même d'arriver au bloc. J'ai ressenti la douleur tout le long. Et les suites ont été très dures je n'ai pu voir ma fille qu'à ses 5 jours de vie tellement je n'étais pas bien. Je ne savais même plus uriner ce qui a été très dur à accepter et qui a pris du temps à "réparer". 

Mon deuxième accouchement s'est très bien déroulé. Je n'ai pas eu de douleur pendant la césarienne. Les suites étaient plus faciles, j'ai récupéré plus vite. Seule ombre au tableau une brèche péridurale qui a nécessité un bloodpatch à J+5. Malheureusement je ne garde pas de souvenirs heureux de la naissance de mes filles et c'est très dur à accepter. 

Comment avez-vous expliqué à Clotilde le fait qu'elle ne verrait pas sa petite sœur tout de suite ?
Clotilde est le premier petit enfant de chaque côté de la famille. Aucun cousin, cousine à ce moment. Elle n’a connu que des photos d'elle en néonat. Peu avant ses 3 ans, elle a eu une cousine. Nous sommes allés la voir à la maternité et Clotilde m'a dit " maman, pourquoi le bébé n' a pas de fils, et que sa maman peut dormir avec elle ? Ils sont où ses copains d'hôpital ?" 

C'est donc tout naturellement que lorsque elle a su que j'étais enceinte elle nous a demandé si le bébé aurait des fils comme elle et les jumeaux qui partageaient notre box, et avec qui ont a toujours des contacts. 

Nous lui avons dit que oui c'était fort possible vu mes problèmes de santé, et que temps que le bébé serait à l'hôpital, elle ne pourrait pas venir le voir . Elle l'a très bien compris. 

Clotilde a donc dû attendre quasiment 3 mois pour faire la rencontre de sa sœur Capucine. Elle a été un vrai pilier durant cette hospitalisation et a toujours très bien géré les choses malgré son jeune âge. C'est à la rentrée de Septembre qu'elle a eu son contre coup. Elle avait peur que sa sœur ne soit plus là à chaque fois qu'elle devait se séparer d'elle. 

Vous êtes maintenant maman de Clotilde et Capucine, que retenez-vous de ces maternités ?
Mes grossesses, mes accouchements, mes maternités n'ont rien de commun. Elles m'ont beaucoup changé. Je me suis éloignée de certaines personnes, même de ma famille proche, car ces naissances ont vraiment changé ma vision des choses, une vision qui n'est pas forcément toujours partagée. J'ai une relation très spéciale avec mes filles. 

Je sais maintenant à quel point l'être humain peut être fort et repousser ses limites. Je prends chaque moment passé avec mes filles comme des dons du ciel. 

Par contre je suis très distante avec les femmes enceintes, jeunes mamans et nouveaux-nés de notre entourage. Je ressens malgré moi de la jalousie, je les envie mais j'assume ce sentiment et je pense qu'il est légitime. 

Quels conseils pourriez-vous donner aux familles qui vivent dans l'angoisse de revivre une naissance prématurée ?
Une naissance prématurée est une vraie épreuve, un vrai traumatisme, les angoisses de la seconde grossesse sont donc totalement fondées, il faut être en accord avec ça et les accepter. Malheureusement mon exemple n' est pas le meilleur vu que j'ai accouché encore plus tôt pour ma deuxième grossesse. Mais, chaque histoire est différente, on ne peut jamais savoir à l'avance ce qu'il se passera. Si la prématurité venait à se reproduire alors je dirais que de l'avoir déjà vécu est une force. Nous connaissons déjà ce milieu, nous serons beaucoup plus vite à l'aise avec cet univers et surtout avec notre bébé. Nous nous sentirons parents plus tôt et ça c'est une chance. 

Connaissez-vous déjà Gaspard&Alice ?
J'ai entendu parler de Gaspard et Alice pendant l'hospitalisation de ma grande. J'ai eu l'occasion de découvrir le livre Petit mais costaud que j'affectionne beaucoup. Mais après Capucine ce fut une révélation il me fallait les sucettes prématurées et bien sûr il n'y a que chez Gaspard et Alice que l'on en trouve. Merci pour tout ce que vous faites et toutes les aides que l'on peut trouver sur votre site pour nos petits champions. 

Encore merci de m'avoir fait prendre conscience de notre parcours !

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